Deux hommes de 22 et 24 ans étaient jugés, hier, à Saint-Nazaire. En 2007, ils avaient engagé une course poursuite, un duel à 140 km/h. Fauchant le cyclomoteur des deux jeunes, âgés de 15 et 16 ans.
Soirée en discothèque, bouteilles de whisky, voitures de puissante cylindrée et ados à cyclomoteurs. Les éléments d'un drame du samedi soir, tristement caricatural, ont donné le frisson à l'auditoire de la salle d'audience du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, hier.
« Je m'en souviendrai toute ma vie », a murmuré l'un des jeunes conducteurs poursuivi pour homicide involontaire, les mains crispées derrière le dos, face aux trois juges. Pourtant, lorsqu'on lui demande s'il estime avoir une part de responsabilité, il répète les mots prononcés depuis deux ans : « Non, sauf que je roulais vite. »
Son copain, 22 ans, lui, assume. Et pour cause, c'est lui qui a percuté le cyclomoteur sur lequel se trouvaient Thomas et Antony, 16 et 15 ans, le premier jouait au foot à Avessac, le second faisait partie de l'équipe des cadets du Rugby-club redonnais.
Prison ferme requise
Il était environ 5 h du matin, ce samedi 20 octobre 2007. La discothèque Le Moulin vient de fermer. Au volant de la BMW des parents, un premier conducteur démarre en trombe. Son ami, automobiliste depuis six mois, mais déjà propriétaire d'une BMW, lui emboîte le pas. C'est parti pour un duel à 140 km/h sur la départementale qui relie Plessé à Fégréac.
Le premier bolide évite de justesse Thomas et Antony, qui rentrent chez eux. Le second tue les deux adolescents. « J'étais loin derrière, mais je roulais en code », a admis le conducteur fautif.
Était-il si loin que cela, ce qui pourrait dédouaner le copain qui a lancé la course ? « Pas besoin d'être directement impliqué dans le choc pour être coupable. Ils sont tous les deux en cause de manière presque équivalente », pense le procureur.
Les deux chauffards avaient d'ailleurs poursuivi leur route, sans alerter les secours. « Il s'est arrêté peu de temps après, mais il a tout de suite prévenu ses parents », a compensé l'avocate du garçon impliqué dans le choc. « Il ne fuit pas sa responsabilité, mais il ne comprend pas parce qu'il n'a rien vu », estime l'avocate de l'autre conducteur, qui plaide la relaxe.
Le procureur a requis contre lui un an de prison dont la moitié avec sursis. À l'encontre du responsable direct du choc, il a requis deux ans dont un avec sursis, et l'annulation du permis. Le jugement a été mis en délibéré au 23 juin.